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Ce mois de Novembre, l’émission Cocktail du Mois est dédiée à la présentation du label More Than Folk Records !
Tous les jeudis, de 19H00 à 21H00 sur Les Oreilles Noires.

 

 

Label indépendant basé à Paris, More Than Folk est né en parallèle avec le festival More Than Folk, créé en 2013, par Sébastyén D., ayant pour but de promouvoir la musique folk, sous toutes ses formes (folk indé, dark  folk, folk psyché, blues-folk, etc).

Si dans un premier temps, le label sort deux compilations, en lien avec le festival, il va par la suite, sortir des albums/EPs d’artistes issus du festival, comme Opium Dream Estate, Muindragon ou encore Autumn Shade.
Certaines productions du label précédent de Sébastyén D., Seventh Crow Records, seront « récupérées » en format digital.
Le label s’active également à la production événements, comme les More Than Folk Sessions, soirées folk qui ont vues passées entres autres, Cavan Moran, White Note, JB Moonshiner, Palatine ou encore Amelie McCandless.

Actuellement le label prépare les sorties du nouvel album d’Opium Dream Estate mais aussi d’Aaron Bowen et d’Autumn Shade.

L’INTERVIEW

Comment le projet de monter un label est-il né, peux-tu nous faire un bref historique du label ainsi que des personnes qui bossent avec toi ?

Tout d’abord, le label More Than Folk Records est né des cendres de notre ancien label Seventh Crow Records.
Ce dernier s’éparpillait, s’essoufflait et on voulait changer et pour ne pas créer de confusion chez les gens, artistes, fans (oui il y en a), on a alors fermé le label et crée More Than Folk, orienté folk, folk indé, dark folk, blues folk… Folk quoi. Certains artistes “folk” sur Seventh Crow Records, sont maintenant sur More Than Folk Records.

photo_seb_maria

 

Deux personnes sont aux commandes, Maria Labuena, le côté artistique et moi (Sébastyén)… pour le reste.
Mais aussi d’autres personnes qui viennent nous aider de temps à autres, pour la promo, le visuel etc.
Je citerai notamment Arnaud, Chloé, Amélie et Matthieu, avec qui nous avons en autre monté le festival More Than Folk (oui je sais, c’est original) il y a 3 ans.

(Opium Dream Estate)

En se lançant dans l’aventure, avais tu des références de labels dont tu étais fan ou au contraire une envie de faire différemment, artistiquement, éthiquement ?

Oui et non. Certains labels m’ont inspiré dans l’approche des groupes à mettre en avant, comme Sub Pop, Palace Of Worms, Prikosnovenie et Glitterhouse Records, mais pour le reste, c’est moi.
Je fais selon mes envies, mes impressions. Il n’y a pas de volonté de se démarquer des autres même si c’est utile en soit… mais plutôt d’aider les groupes et de se faire plaisir.
Nos sorties sont en petites quantités et on bosse très souvent avec des groupes ou artistes que l’on a vu sur scène, que l’on connait et qui sont aujourd’hui, pour la plupart, des amis.
Une petite famille quoi.

(Autumn Shade)

Comment c’est de faire vivre un label en 2016, qu’est ce qui manquerait selon toi pour que tout se passe encore mieux ?

Joker !! En supprimant les autres labels ?
Plus sérieusement je n’ai pas la réponse. C’est très dur. Et c’est très aléatoire. Pour exemple, avec notre ancien label, nous avions signé Neils Children, qui avait tourné avec Bloc Party, Razorlight ou encore The Horrors. Et ça n’a pas aussi bien marché que l’on avait espéré.
Ce qui manque… je pense que c’est une plus grande attention de la part des médias grand public, qui ignorent la musique indé en général et ce depuis 20 ans environ.
Les structures, assos, magazines, artistes sont là afin de faire connaître les labels mais la visibilité reste faible.

Mais il faut savoir prendre des risques aussi… oser signer tel ou tel artiste en se disant, ça va exploser avec lui. Parfois ça passe, comme Factory avec Joy Division et parfois, ça casse…

(Opium Dream Estate – The Band)

Comment se fait le choix des groupes avec qui tu travailles ? C’est toi qui vas au devant des groupes au hasard des concerts, de longues histoires d’amitié sinon rien, la ligne artistique avant tout, le potentiel de développement du groupe, etc ?

Comme je l’ai déjà évoqué, on va voir le groupe, l’artiste sur scène avant. Si les gens accrochent, si c’est bon, etc. Même s’il nous contacte avant… On discute, bois un coup, couche ensemble… Tout ça tout ça… Le plus souvent on se lie d’amitié et il est alors facile de sortir une autre prod du même artiste comme Chiffre L, Muindragon ou encore Autumn Shade, Aaron Bowen dont les prochaines productions sortirons prochainement.

(Muindragon – Super Sonic – Paris)

Après il faut garder le côté “label” et donc je ne signe pas quelqu’un parce que c’est un ami mais parce que le style ne va pas ou que ça me plait sans plus ou que c’est mauvais…

 

(Aaron Bowen – Spring The Necessary Pilgrimage. Sortie prévue 2017)

Quel est ton regard sur la scène française du moment ? Tout styles confondus.

Des groupes comme JB Moonshiner, White Note, Amélie McCandless, Lloyd Project, Staircase Paradox, Inès Desorages, DEER, ou encore Bärlin que j’ai découvert récemment au Petit Bain en première partie de And Also The Trees, sont à suivre, ont leur univers et sont surtout excellents. Mais je pourrais t’en citer des dizaines d’autres.
Tu sais, j’organise tous les mardis une scène ouverte (ou « open-mic«  pour les puristes) à La Féline – dans le 20ème, vers Ménilmontant et je vois très souvent de “jeunes” artistes et dans le lot il y en a des bons.
Sundown, The Howlin’ City, Bert ou Dwight Steinson, par exemple.

La France foisonne d’artistes et groupes géniaux mais… c’est ceux qui font de la merde, qui sont mis en avant…
Là encore il y a un problème entre la scène et les médias. Les musiques dites alternatives sont ignorés, laisser de côté et on préfère nous vendre de la soupe.
Idem pour les émissions de musique, avant on avait les Enfants du Rock, NPA Musique… J’ai découvert des groupes géniaux en regardant ces programmes.
Aujourd’hui, tu n’as plus rien, et même quand on nous vend du soi-disant du “indé”, c’est pour entendre des daubes comme La Femme, Feu! Chatterton ou Christine and the Queens.

Heureusement beaucoup de structures, labels, associations, sont là pour faire vivre ces artistes et que le public puisse découvrir, aimer et passer de super moments, comme Jaam Sono, En Veux Tu En V’Là, TSC, Sourdoreille mais aussi des gens comme Thomas Brun ou Brislee Adams, qui organisent des open-mic de qualité où l’on entend parfois des artistes de qualité qui mériteraient de percer.

(Aaron Bowen Music)

Quelle est ta position sur le téléchargement pirate ? Es tu de ceux qui pensent que c’est une façon de promouvoir la musique et que si le gars ou la fille aime le groupe il achètera le support physique et ira au concert au final, ou bien que c’est du vol, comme on irait chourer un vinyle dans le shop du quartier ?

Perso, je suis pour, car je l’ai fais pas mal de fois pour découvrir des groupes ou avoir un album “rare” ou épuisé et vendu sur le net, d’occasion à un prix exorbitant. Et très honnêtement, pour des groupes déjà connus, qui vivent amplement de leur musique, ça ne va pas changer grand chose car les gens viendront les voir.

Quand cela touche des groupes indés, et/ou en devenir, c’est plus délicat.
Je préfère que l’on achète même en digital, car ça valorise leur travail et ça leur permet d’en vivre. Donc télécharger “illégalement”, oui mais à condition de faire un geste derrière, au moins venir aux concerts (quand on peut), acheter l’album si l’on aimé, etc.

Quel est ton regard sur les médias numériques, réseaux sociaux, est-ce un bon moyen de se faire connaitre pour une structure comme la tienne ou penses tu que ça rend encore plus difficile le fait d’arriver à se démarquer, à exister ?

Vaste question… Aujourd’hui les réseaux sociaux, plateformes, sont omniprésents et il faut donc faire avec. Bandcamp ou Noisetrade, par exemple, sont très bien pour ça. On peut écouter, découvrir et acheter.
On vend essentiellement les prods More Than Folk Records via bandcamp. Mais ça reste difficile de se démarquer. Très difficile. Il faut communiquer façon « propagande fasciste » sur les sites, les webzines, et surtout Facebook.
Ce dernier devenu indispensable… malheureusement. Je dis “malheureusement” car on est littéralement noyé dedans et la visibilité se fait moindre de jour en jour, mais la plupart des gens vont sur Facebook, en premier pour connaître un groupe, voir un événement. Et ignorent le reste.

(Chiffre L)

Quels sont tes désirs, projets pour les prochaines années ?

Un manoir, une villa sur la côte, des arbres où poussent des Dragibus… Et puis aussi, que la label continue, grandisse. Que l’on continue également le festival More Than Folk, et découvrir encore de bons artistes.

Le mot de la fin (et la musique de la fin) ?

Roger… une autre bière !!

 

(Autumn Shade – Chandelier – Acoustic Version)

La Playlist du Cocktail du Mois Spéciale More Than Folk Records :

  1. Muindragon – Holmium
  2. Aaron Bowen – My Love
  3. Opium Dream Estate – Wintertime
  4. Autumn Shade – Rainbows (live)
  5. Darren Cross – Slings And Arrows
  6. Chiffre L – I Wish I Were
  7. JB Moonshiner – Shallow Graves
  8. Sophie Jamieson – Dinah
  9. June & December – Sunken Eyes
  10. Irvine Robbi – 17th
  11. DEER – The Herd
  12. Popper Must (Be) – Deck of Cards
  13. Opium Dream Estate – The Sacred Dawn
  14. Inès Desorages – Bleu ou Noir
  15. Aaron Bowen – A Murder Of Crows
  16. Autumn Shade – Sylvia
  17. Die Among Strangers – Sorrow
  18. Amelie McCandless – Foreign Waters
  19. Chiffre L – In The Night
  20. Shelita Burke – Precious
  21. Muindragon – Singleness of Two
  22. Autumn Shade – Home
  23. Chelsea Lovitt – Truckstop – Waitress
  24. Mercy – Fight Against The Blues
  25. Mad’zell – Words
  26. Ventru – C’en Est Fait
  27. August & After – Halley
  28. Opium Dream Estate – River
  29. Jessie Andra Smith – Conscience of a Crow
  30. Indira Elias – Far Too Young